J'ai fait un drôle de rêve. je dis drôle, parce qu'inhabituel... Il m'arrive comme tout le monde de faire des cauchemars et des rêves symboliques. D'ailleurs je crois en la fonction symbolique du rêve, un exutoire exceptionnel qui nous permet de ressasser mentalement ce que nous avons vécu dans la journée.
Bref, inhabituel parce que pour la première fois depuis de nombreuses années, je me revoyais «enfant ». J'avais gardé la capacité de réflexion d'un adulte, c'est-à-dire toutes les facultés mentales d'un homme de 40 ans (et des poussières) mais un corps d'enfant...nous étions en récréation, au CM2, et là, je retrouvais la plupart de mes camarades de classe. je leurs disais tout ce que je n'avais pas pu leurs dire étant jeune. Si je vous raconte tout cela, ce n'est pas pour le rêve en lui-même, c'est uniquement pour amorcer le sujet d'aujourd'hui.
Il y a quelques années de cela, au hasard de rencontres, j'ai pu en apercevoir quelques-uns. Certains étaient suffisamment proches de moi, pour que je puisse les aborder. et pourtant...combien en ai-je laissé filer !?
à chaque fois, c'était la même chose. Nos regards se croisaient. Est-ce que l'autre avait suffisamment de mémoire pour se souvenir de moi ? Dans le doute... Et puis il y a ceux que j'ai aperçu, qui ne m'ont jamais vu... ceux vers qui j'aurais pu aller...
Et puis quoi ? Se raconter des anecdotes qu'on est peut-être le seul à se souvenir ? Un rendez-vous avec le passé qui devient inopportun ?
Et la question récurrente : moi, je n'ai pas changé. Mais l'autre ? Obligatoirement... Pourtant, Dieu sait que nous en avons partagé des bons moments... Mais c'était il y a longtemps. Trop longtemps.
J'ai pourtant des regrets. Avec ce camarade de classe, qui n'hésitait pas à me faire mes devoirs de maths en terminale, afin de redorer ma moyenne. Je l'ai revu dans une grande surface, je l'ai reconnu tout de suite. Et je l'ai laissé filer comme on laisse filer le temps...
suis-je devenu infidèle à ce que j'ai été ? ... est-ce une question de courage ? Avoir peur d'être déçu de l'autre et donc de soi-même ?
Alors j'ai fait ce que je sais faire de mieux... Au travers de mes pièces je rends hommage à ces anciens camarades. Comment ? En donnant à mes personnages de théâtre,les prénoms de tous ceux qui m'ont accompagné dans ma vie... Sacré Richard !
si vous rencontriez une très ancienne connaissance, seriez-vous prêt à vous rendre spontanément vers elle ?